SELENIUM, VITAMINES A ET E : UN CHOIX RAISONNÉ
Damien Galtier - Diététicien nutritionniste
La majorité des consommatrices d’édulcorant sont bien concernées par un apport adéquat en anti-oxydants. Elles sont moins préoccupées par les polyphénols, la vitamine C ou encore les caroténoïdes, qu’elles trouvent dans les fruits et légumes qu’elles continuent à consommer régulièrement. Elles trouveront un réel bénéfice dans une complémentation en sélénium et vitamines A et E.
Sélénium : c’est un oligo-élément présent notamment dans les fruits de mer, les poissons, la levure diététique, les abats comme le foie ou encore les légumes secs ou les céréales complètes. Les experts considèrent qu’un apport d’environ 1µg par kilo de poids corporel et par jour est adéquat. Compte tenu de la biodisponibilité du sélénium dans les aliments, on peut penser raisonnablement que ces apports ne sont pas toujours atteints par l’ensemble de la population. Comme tous les oligo-éléments concernés (zinc, cuivre…), il n’agit pas directement sur les radicaux libres. Ce sont en revanche des éléments constitutifs pour les enzymes luttant contre leur prolifération. Ainsi, le sélénium est contenu en grande quantité dans la Gluthation Peroxydase, qui constitue non seulement une des principales lignes de défense contre les agressions produites par les radicaux libres, mais également un système de réparation contre les dommages occasionnés. Le sélénium s’oppose alors au vieillissement de nombreux tissus et organes, stimule le système immunitaire, neutralise les toxines et aide à éliminer les métaux lourds comme le plomb ou le mercure. Il exercerait également une action de prévention face à certains cancers (poumon, estomac, colon, rectum…) et au risque cardio-vasculaire.
Vitamine E : il existe une grande complicité entre le sélénium et la vitamine E. Cette vitamine est probablement l’une des substances protectrices les plus importantes pour la santé de l’organisme. Indispensable classiquement aux fonctions de reproduction, elle est surtout actuellement reconnue pour ses propriétés anti-oxydantes.
Elle évite en effet la fragilité des capillaires sanguins. Soluble dans les graisses, elle est l’agent protecteur des membranes cellulaires par excellence. Elle les stabilise et permet de piéger les radicaux libres à ce niveau. En protégeant l’intégrité des acides gras poly-insaturés, elle lutte également contre le mauvais cholestérol et serait donc bien impliquée dans la prévention des troubles cardio-vasculaires. Dans l’étude Suvimax, ce sont plus de la moitié des hommes étudiés qui n’atteigne pas les apports conseillés en cette vitamine (12 mg par jour pour un adulte), et 17% étaient même considérés comme déficients (moins des 2/3 des ANC*). Chez les femmes, les chiffres sont encore plus alarmants, puisque pas loin des trois quarts n’atteignent pas ces mêmes ANC et 33 % étaient jugées déficientes !..
Vitamine A : si celle-ci est surtout connue pour ses actions sur la vision (d’où son nom « rétinol ») notamment pour l’adaptation à l’obscurité, on lui reconnaît aujourd’hui de nombreux autres rôles notamment comme anti-oxydants. Ainsi, elle préserve l’état de la peau et des muqueuses en participant activement à leur protection contre l’agression des radicaux libres. Elle possède également un rôle important dans le fonctionnement du système immunitaire et intervient donc pour retarder, minimiser voire empêcher certains symptômes du vieillissement. Les résultats de Suvimax montrent également que 70% des hommes et des femmes suivis lors de cette étude ont des apports inférieurs aux recommandations (qui sont de l’ordre de 600 à 800 µg par jour) et plus de 40% seraient même déficients (apports inférieurs aux 2/3 de cet ANC).
*Apports Nutritionnels Conseillés