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mars 2009
Thématique : Une alimentation équilibrée
FAUT-IL MANGER BIO ? Première partie
Plus chers, les produits bio sont pourtant plébiscités par une grande partie de la population et se trouvent aujourd’hui pratiquement partout. Sont-ils vraiment meilleurs, en terme de goût ou de santé ? Petit tour d’horizon de la planète bio en deux parties.

C’est quoi, un produit « bio » ?

Un aliment biologique est un aliment issu d’un mode de production qui respecte l’environnement et qui garantit, notamment, l’absence de substances chimiques. Aujourd’hui, la meilleure façon de reconnaître un produit bio est encore de vérifier s’il est estampillé « AB ». En effet, pour avoir droit au fameux logo « Certifié Agriculture Biologique », décerné par le ministère de l’Agriculture, le producteur bio doit suivre certaines règles, répertoriées dans un cahier des charges très strict, variant selon le type de produits. Pour obtenir ce label, le produit doit être contrôlé par l’un des six organismes agréés (Ecocert, Agrocert, Qualité France, Ulase, Aclave, Certipaq) dont le nom doit obligatoirement figurer sur l’étiquette. On peut dégager les grands principes de base de cette agriculture : pas de pesticides (remplacés par des moyens naturels comme les insectes prédateurs), pas d’engrais chimiques de synthèse (mais des engrais verts ou des matières organiques comme le fumier de ferme), des méthodes de travail nature (recyclage, rotation rapide des cultures, etc.). L’élevage bio est lui aussi régi par des règles très précises sur les conditions de vie des animaux (espace minimum…), de leur alimentation (qui doit être majoritairement bio et provenir pour l’essentiel de l’exploitation), des soins vétérinaires très réglementés (avec des traitements antibiotiques très limités à apporter uniquement en cas de maladie en non à titre préventif)…

Le bio ne contient-il vraiment aucun  produit chimique?

On ne peut en être sûr, car faire de l’agriculture biologique, c’est avoir une obligation de moyens et non de résultat. Le célèbre logo certifie seulement (et c’est déjà ça) que le cahier des charges a été respecté et que l’aliment ou la préparation est composée d’au moins 95 % d’ingrédients issus du mode de production biologique. En conséquence, des légumes ou des fruits cultivés selon les règles de l’agriculture biologique, mais poussant au bord d’une autoroute ou à portée des fumées d’une usine chimique, seront susceptibles par exemple de comporter des traces (ou plus) de métaux lourds, ce qui ne les empêchera pas d’être estampillés du label AB. Il est donc impossible de garantir l’absence de toxiques à 100% du fait de cette éventuelle contamination de proximité. De la même manière, 0,9 % d’OGM représentent aujourd’hui la limite d’étiquetage, en dessous de laquelle il n’est pas nécessaire d’indiquer au consommateur qu’un ingrédient est issu d’OGM, ou qu’il peut être contaminé par un OGM.

Le « bio » a-t-il un impact sur l’environnement ?

Bannissant les produits chimiques de synthèse, engrais ou pesticides, l’agriculture biologique pratique la rotation des cultures, le compostage, utilise des coccinelles contre les insectes dévastateurs, etc. Sa première vocation est donc de protéger les sols, l’air et les cours d’eau. Manger bio peut donc aider à respecter l’environnement, mais soyez également attentifs à l’origine et à la saisonnalité de vos produits !... En effet, le bio qui nous vient de l’autre bout du monde n’est pas forcément une bonne solution écologique. L’importation de produits agricoles, par camion ou par avion, de pays lointains occasionne d’importantes émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique et de la diminution de la couche d’ozone. Préférez les produit bio cultivés dans votre région si vraiment vous voulez être un écologiste jusqu’au bout des ongles !..

Les produits « bio » ont-ils un meilleur goût ?

Les habitués l’affirment : les aliments bio ont meilleur goût. Les opposants rétorquent que des tests en aveugle ont été menés et que personne n’a pu distinguer le bio du reste. En effet, lorsqu’on a fait goûter deux types de pains à des consommateurs, l’un bio, l’autre non, ils n’ont pas réussi à identifier l’un de l’autre !.. Concernant les animaux, même chose, les consommateurs ne font pas de différence entre poulets bio et poulets élevés en batterie. Selon l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB), si ces protocoles utilisés n’ont pas permis pour l’instant de mettre en évidence des différences statistiquement significatives, c’est que de nombreux facteurs interviennent dans le goût donné aux aliments : la variété, le terroir, l’année climatique, le sol, la façon dont ont poussé les fruits, légumes ou céréales...

Reste à savoir si les produits bio sont meilleurs pour la santé. La réponse dans la deuxième partie de ce dossier.